Alan s’ouvre de nouveaux horizons
Alan poursuit son changement d’échelle et ajoute une nouvelle géographie à sa carte.
La licorne vient en effet de finaliser l’acquisition de Tanel, un spécialiste de la santé digitale implanté au Sénégal et en Côte d’Ivoire.
Cette première incursion en Afrique s’inscrit directement dans les ambitions internationales du groupe.
Fondée en 2021 par Mouhamed Ndoye et Makhtar Diop, Tanel est une healthtech qui accompagne les entreprises dans la gestion de la couverture santé de leurs collaborateurs grâce à une plateforme numérique qui facilite l’affiliation, l’accès aux soins, la prise en charge et le suivi des prestations.
Alan compte donc s’appuyer sur cette implantation réussie d’un acteur qui partage son ADN pour déployer progressivement sa propre plateforme technologique et ses services de santé.
Le Sénégal et la Côte d’Ivoire doivent constituer un premier point d’entrée en Afrique de l’Ouest.
Alan estime le marché de l’assurance santé dans ces deux pays à près de 600 M€, avec une croissance annuelle proche de 10 %. Ces chiffres communiqués par l’entreprise donnent surtout une idée du potentiel qu’elle associe à cette nouvelle région.
Une acquisition pour ne pas partir de zéro
Le choix du M&A mérite l’attention.
Tanel n’est pas un assureur full stack comparable au modèle développé par Alan en France, mais un acteur de santé digitale déjà intégré dans l’écosystème local. Ses atouts ? Un outil éprouvé, un portefeuille de clients, des partenariats en cours et une connaissance opérationnelle de ces marchés.
Les fondateurs continueront d’ailleurs de piloter les activités dans ce périmètre géographique. Alan pourra ainsi apporter progressivement sa technologie et ses services tout en s’appuyant sur une organisation déjà installée.
Une manière d’accélérer son entrée sur ce terrain et de réduire le temps nécessaire pour en comprendre les spécificités.
L’opération illustre aussi une évolution que nous suivons dans les acquisitions insurtech : la valeur ne réside pas uniquement dans la technologie, mais également dans des capacités beaucoup plus longues à reconstruire, comme l’implantation locale, les relations clients ou l’accès à un écosystème déjà structuré.
Les moyens d’un changement d’échelle
Cette acquisition prend surtout du sens dans la trajectoire récente d’Alan.
Déjà présente en Belgique, en Espagne et au Canada, la licorne fait de l’international l’un de ses grands chantiers de développement.
Cette accélération ne se limite pas à l’Afrique. Alan vient également d’obtenir une approbation préliminaire de la Saudi Insurance Authority pour préparer son arrivée sur le marché saoudien. L’assureur prévoit d’y construire une équipe locale à Riyad et travaille encore à l’obtention des autorisations nécessaires avant un lancement effectif.
Pour concrétiser cette ambition hors de nos frontières, l’entreprise dispose désormais de moyens considérables pour l’exécuter : 100 M€ levés en mars 2026, puis 480 M€ supplémentaires en juin lors d’une Série G menée par Prosus, pour une valorisation annoncée de 5,5 Md€.
Les derniers chiffres prolongent la dynamique, avec 1,14 million de membres revendiqués et 840 M€ d’ARR signé au Q2 2026.
Même si ce trimestre confirme davantage qu’il ne révèle, Alan n’ayant publié ni résultat trimestriel détaillé, ni marge brute, ni loss ratio ou ratio combiné.
Alan et le temps de l’ouverture
La rentrée apporte en revanche plusieurs indices sur la manière dont l’entreprise entend poursuivre son expansion.
Le 28 août, La Lettre a en effet révélé qu’Alan s’était associé à Allianz France pour tenter de décrocher la complémentaire santé des salariés des caisses de Sécurité sociale, un marché pouvant atteindre 3 Md€.
Selon le média, Allianz apporterait notamment son réseau d’agences physiques, face à des concurrents comme Aésio, AG2R La Mondiale et Malakoff Humanis.
Les contours précis de cette alliance restent inconnus, mais le signal, associé à l’actualité Tanel, est très intéressant.
Entre acquisition d’un acteur local en Afrique et association avec un assureur historique en France, Alan semble désormais prêt à combiner ses propres forces avec des capacités extérieures lorsqu’elles peuvent accélérer son accès à de nouveaux marchés.
C’est aussi un signe de maturité pour une entreprise qui a grandi, fait ses preuves sur plusieurs terrains et ajusté progressivement son approche.
Sa capacité à mobiliser les ressources de l’écosystème pourrait désormais devenir un levier important pour soutenir son changement d’échelle et les attentes induites par sa valorisation XXL.
Munich Re rachète At-Bay : les dessous du deal de l’été
C’est sans doute l’une des plus grosses informations de l’été dans l’écosystème.
Munich Re va mettre la main sur At-Bay, l’un des principaux acteurs de l’assurance cyber aux États-Unis, pour une valeur d’entreprise de 575 millions de dollars. L’opération, qui doit encore recevoir les autorisations réglementaires, devrait être finalisée au premier trimestre 2027.